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Dans les collections de la BnF

Opéra en flamme, Opéra en ruine par Hubert Robert

Expositions à venir13 juin - 30 septembre 2019

Dans le cadre de l’opération « Dans les collections de la BnF », la Bibliothèque nationale de France poursuit son partenariat avec le musée des Beaux-Arts de Tours.
Intitulée Opéra en flamme, Opéra en ruine par Hubert Robert, cette nouvelle exposition s’articule autour de deux esquisses peintes du peintre conservées au département de la Musique de la BnF. Ces deux esquisses seront accompagnées par une série de dessins et de gravures.
Chaque année, dans quatre ou cinq établissements patrimoniaux à Paris et en région, la BnF présente un « trésor » ou une sélection d’oeuvres de ses collections, faisant ainsi partager à un plus large public ses richesses patrimoniales.
À Tours, les deux esquisses d’Hubert Robert ainsi que les dessins et les gravures autour de l’Opéra de Paris au XVIIIe siècle et de son activité s’inscrivent parfaitement dans le parcours du musée des Beaux-Arts qui conserve une très belle collection d’art de cette époque.

Au soir du 8 juin 1781, l’Opéra de Paris installé au Palais-Royal s’embrase pour la seconde fois. Un premier théâtre, occupé par l’Académie royale de Musique dans l’aile droite du Palais-Royal depuis 1673, avait déjà brûlé en 1763, entraînant la reconstruction générale de l’édifice par Pierre Contant d’Ivry et Pierre-Louis Moreau-Desproux, ce dernier étant chargé de rebâtir l’Opéra, et de dessiner la façade donnant sur la rue Saint-Honoré.
Le public vient de sortir, après la fin des ballets concluant Orphée et Eurydice de Gluck, lorsque le feu se déclare dans les cintres. Les ouvriers du théâtre, et un pompier de garde ce soir-là, se précipitent pour lutter contre les flammes. Pendant ce temps, Dauvergne, le directeur, fait évacuer les lieux, et envoie chercher les derniers danseurs, occupés à se changer dans les loges aidés par les tailleurs. Mais il est trop tard pour certains d’entre eux qui périssent asphyxiés. Peu de temps après, malgré l’arrivée d’un détachement de pompiers, l’Opéra se transforme en une torche de flammes, ne laissant au petit matin qu’une carcasse fumante remplie de décombres.
Hubert Robert dispose alors d’un appartement et d’un atelier au Louvre, tout proche, et se livre à une étude depuis plusieurs points d’observation, le soir de l’évènement, puis le lendemain. Il avait déjà usé de ces procédés lors de l’incendie de l’Hôtel-Dieu, à Paris, en 1772.

News Juin 2019La salle de Moreau-Despoux, livrée en 1770, connaît ainsi une existence éphémère qui coïncide avec l’une des périodes les plus novatrices de l’histoire de l’opéra à Paris. Le public se passionne pour les oeuvres de Gluck. La réforme de la tragédie lyrique prônée par le compositeur allemand rencontre cependant une forte opposition. La direction de l’Opéra, cherchant à exploiter la querelle naissante, lui suscite un grand rival : Piccinni, allant jusqu’à proposer un même sujet, Iphigénie en Tauride, aux deux auteurs.

Louis-René Boquet, dessinateur des costumes de l’Opéra depuis la fin des années 1750, en accord avec les idées de Noverre appelant à davantage de « vérité », réduit le volume des habits pour donner plus d’aisance aux danseurs. L’ architectes François-Joseph Bélanger réalise, durant cette période, deux esquisses de décors pour Alceste de Gluck qui témoignent également de cette évolution esthétique plus en accord avec les exigences du drame.
La seconde destruction de l’Opéra de Paris provoque son départ définitif du Palais-Royal, exauçant tardivement le souhait de voir surgir dans la capitale un opéra monumental, détaché du château, visible et rayonnant au coeur de la cité. On assiste alors à une ruée frénétique d’architectes, dont en particulier Bélanger, auteur de plusieurs projets successifs plaçant l’Opéra au Carrousel, entre le Louvre et les Tuileries. En attendant, l’architecte Nicolas Lenoir est chargé de bâtir, en seulement trois mois, une salle provisoire sur les boulevards, où l’Opéra vit désormais « en exil », dans l’attente d’une salle définitive qui se fera longtemps attendre.

Expérience n°13. Echos sensibles

21 juin - 7 octobre 2019

Échos sensibles illustre le décalage qui existe dans la représentation comme dans la perception des émotions, en fonction des contextes et des époques. Les étudiants ont tissé des parallèles entre des œuvres issues des collections du FRAC Poitou-Charentes et celles du musée des Beaux-Arts de Tours. La sélection, par le biais de rapprochements formels et symboliques, permet d’envisager ces échos selon de multiples critères : composition, sujets et postures. Elle intègre une grande variété de médiums et de supports : photographie, dessin, lithographie, sculpture, céramique, peinture. Plusieurs genres sont représentés : le portrait, le paysage, la scène mythologique et la peinture religieuse.

Les œuvres du musée des Beaux-Arts dialoguent ainsi avec huit créations d’artistes contemporains: Claire Aumaître, Glen Baxter, Régis Fabre, Marie Fagué, Myriam Mihindou, Pascale Remita, Erwan Venn, et Olivier Zabat.

Enterlude (2010) de Régis Fabre illustre la banalisation d’un enfer moderne. La photographie d’un panneau touristique de la ville d’Auschwitz contraste ici avec l’image traditionnelle de l’Enfer chrétien, telle que Peter Huys (v. 1519 - v. 1581/1584) la représente, en s’inspirant des compositions de Jérôme Bosch. Euphémisation et ellipse soulignent la tension qui existe entre la réalité quotidienne de cette ville et le souvenir que son nom évoque. Glen Baxter, pour sa part, détourne avec humour le geste traditionnellement utilisé pour signifier la honte et le désespoir, tel qu’on le voit avec la statue de Caïn après la mort d’Abelpar Camille Alaphilippe (1874-1934). La même posture provoque ici des émotions radicalement différentes. Dans un tout autre genre, celui du paysage, La Vague (2012) de Pascale Remita, fragment gigantesque traité de façon photo-réaliste, entre en résonance avec une Marine d’Alfred Roll (1846-1919), de facture impressionniste et au cadrage serré.

Comme souvent dans l’art moderne et contemporain, déplacement et distance sont au cœur de la problématique de l’exposition. Les émotions sont ainsi envisagées sous différentes facettes : représentation, transmission et réception. Si les codes de représentation des émotions peuvent se faire écho, les modalités de leur réception amènent un décalage qui met en valeur cette variété. Chaque visiteur pourra mesurer, à l’aune de sa propre sensibilité, la diversité d’expression des émotions selon les époques et les cultures.

Échos sensibles est la treizième édition du projet Expérience, créé en 2006 par l’Université de Tours et le musée des Beaux-Arts, mené en partenariat avec le Fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes depuis 2011. Ce programme permet à des étudiants en master 1 et 2 d’Histoire de l’Art de concevoir une exposition qui associe des œuvres d’art contemporain à celles du musée des Beaux-Arts, dans le cadre du séminaire « Pratique(s) de l’exposition ».Le groupe est ainsi confronté directement et collectivement aux missions du commissariat d’exposition, depuis la sélection des œuvres jusqu’à leur accrochage, en passant par la réalisation des supports de communication et la médiation. Tout au long du projet, les étudiants sont accompagnés par les professionnels des différentes institutions impliquées.

Visite commentée le samedi 22 juin, samedi 13 juillet, et samedi 10 août à 16h.

L’Invention musicale de Léonard de Vinci

Expositions

13 septembre 2019 - 6 janvier 2020

Le musée des Beaux-Arts s’associe aux commémorations Viva Leonardo da Vinci, 500 ans de RenaissanceS en Centre-Val de Loire et présentera une exposition de poche réalisée en partenariat avec le C.E.S.R. (Centre d’études supérieures de la renaissance).

Un documentaire inédit expliquant les processus de création musicale chez Léonard de Vinci sera diffusé. Ce documentaire est en copurs de réalisation grâce aux recherches effectuées par Camilla Cavicchi (IE CNRS) musicologue de Ricercar, programme de recherche en musicologie du C.E.S.R. Il présentera les esquisses d’instruments de musique inventés par Léonard et les annotations musicales qu’il a mentionnées. La bande son sera rythmée par des musiques de l’époque de l’artiste et inventeur de génie.