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Joseph-Benoît Suvée (1743-1807) de Bruges à Rome, un peintre face à David

21 octobre 2017 - 23 janvier 2018

ExpositionsD’origine flamande, Joseph-Benoît Suvée, dont la carrière se déroulera à Paris, jouera un rôle de premier ordre dans la seconde moitié du XVIIIe siècle en France sur le développement du néoclassicisme. Excellent pédagogue, il formera notamment des artistes flamands dont il facilitera la venue à Paris participant ainsi à un véritable renouveau pictural en introduisant le goût français dans son pays d’origine. Ces qualités lui vaudront d’être nommé directeur de l’Académie de France à Rome en 1792, poste qu’il occupera après les années de tourmente révolutionnaire. Le palais Mancini ayant été saccagé lors d’émeutes en 1793, c’est à la villa Médicis qu’est rétablie l’Académie, Suvée devenant ainsi le premier directeur de ce lieu emblématique et prestigieux. C’est sous sa direction qu’une nouvelle génération d’artistes complète sa formation à Rome en ce tout début du XIXe siècle, en particulier Ingres, le plus talentueux d’entre eux.

Suvée effectue ses premières années de formation à Bruges, sa ville natale, dans l’Académie récemment fondée sur le modèle de celle de Paris. Il y obtient ses premiers succès, puis part se perfectionner à Paris, dans l’atelier de Jean-Jacques Bachelier dont il restera proche durant toute sa vie.

Il obtient en 1771 le Grand Prix devançant David qui lui en gardera une rancune tenace. Ce concours marque ainsi, pour un temps, la supériorité de Suvée sur David.

Ses premières peintures sont manifestement influencées par les productions de Vien dont il fut l’un des élèves. Dès cette époque, Suvée affirme son talent de peintre religieux, comme en témoignent les quatre grandes peintures qu'il peint pour les Frères Minimes à Ypres, parmi lesquelles La Naissance de la Vierge qui obtiendra un grand succès au Salon de 1779.

A Rome en 1772 c'est un nouvel artiste que l'on découvre, un artiste qui semble appréhender avec une curiosité aiguë et un intérêt vif, les sites antiques de la Ville éternelle. Il réalise à Rome mais aussi à Tivoli, à Frascati puis en Sicile, où il effectue un voyage en compagnie du comte d’Orsay, de très nombreux dessins dont certains font partie de ses plus belles réussites. C’est un artiste curieux, attentif, sensible qui se révèle et qui nous fait partager le plaisir qu'il a à découvrir les monuments antiques dont il cherche à montrer les facettes les plus inattendues. Après avoir séjourné de 1772 à 1778 en Italie il rentre à Paris où il est reçu peintre d’histoire à l’Académie Royale et joue alors un rôle de premier ordre parmi les peintres de sa génération.

Les peintures qu’il expose régulièrement au Salon de 1779 à 1796 témoignent d’une adhésion sans réserve au néo-classicisme. Il recherche en permanence dans ces œuvres une sorte de simplification des compositions, enrichie par une science des effets de drapés. C’est en revanche avec un grand réalisme aigue et une profonde intensité psychologique qu’il peint de très nombreux portraits, en particulier pendant les années révolutionnaires, les plus célèbres étant ceux qu’il réalise sous la Terreur dans la prison Saint-Lazare, dont le très emblématique portrait du poète André Chénier.

* Plus d'une centaine d’œuvres (dessins et peintures) provenant de collections prestigieuses réunies autour des deux peintures de Suvée conservées au musée des Beaux-Arts de Tours :

Collections publiques et privées françaises : Paris : Musée du Louvre / Musée Carnavalet / Galerie Legenhoek / Galerie Aaron ; Château de Versailles ; Musées de : Amiens, Besançon, Dijon, Lille, Mâcon, Montpellier, Nantes, Quimper, Rouen ; Églises de : Cambrai, Paris, Senlis ; Collections particulières : Colmar, Marsanne, Paris

Collections publiques et privées étrangères : Belgique : Bruges, musée Groeninge et la basilique du Saint Sang, Musée de Gand ; Collections privées : Bruxelles, Chicago.

La première monographie consacrée à Suvée est publiée aux éditions ARTHENA, Joseph-Benoît Suvée (1743-1807). Un artiste entre Bruges, Rome et Paris, à paraître le 20 octobre 2017.

Dans cet ouvrage, Sophie Join-Lambert, directrice du musée des Beaux-Arts de Tours et Anne Leclair, historienne de l'art, montrent à quel point la production de cet artiste marquant de la seconde moitié du XVIIIe siècle est riche et diverse.

Cette étude révèle un nombre très important d'oeuvres tout à fait inédites provenant en particulier de collections privées, en France et à l'étranger. Avec près de 400 illustrations et 554 notices d'œuvres, ce catalogue de 440 pages permet de faire un point précis sur les attributions des oeuvres à cet artiste.

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