> > Vie des collections

Vie des collections

Restauration

Marcel Gaumont (Sorigny, 1880 – Paris, 1962)

Maquette de fontaine pour la Casa Velasquez, 1935

Plâtre avec armatures en bois et filasse

Don de l’artiste, 1937

Le sculpteur tourangeau Marcel Gaumont réalisa en 1935 cette maquette pour un grand pilier destiné à orner une fontaine dans le patio de la Casa Velasquez, à Madrid. Ses faces portent de nombreuses scènes illustrant des épisodes de la mythologie grecque, traitées en relief dans le style élégant et précis qui caractérise l’art de Gaumont. Vous pouvez admirer d’autres œuvres de ce pionnier du courant Art déco au deuxième étage du musée, dans la salle consacrée à l’art de la première moitié du XXème siècle.

Cette sculpture est l’une des plus importantes de la collection du musée des Beaux-Arts. Elle ne souffre d’aucun problème structurel, mais son aspect de surface mérite d’être amélioré. Le plâtre présente en effet quelques griffures et des traces de stylo notamment dans la partie basse de l’œuvre, la plus accessible aux mains des visiteurs. On constate également un certain degré d’encrassement, dû probablement à la présence d’un revêtement d’aspect un peu gras, qui a pu agglomérer la poussière au fil du temps.

Les restaurateurs Paul Verdier et Alma Huber, à qui cette opération a été confiée, sont diplômés du Cursus de restauration des œuvres sculptées (CROS) de l’Ecole supérieure d’art et de design de Tours-Angers-Le Mans (ESAD-TALM). Ils vont procéder à un dépoussiérage d’ensemble, puis à un nettoyage localisé sur les zones les plus encrassées. Ils réaliseront enfin des comblements sur les griffures et les éclats, ainsi que des retouches pour harmoniser l’ensemble.

Vie du musée

Nouvelle acquisition

Les collections du musée des Beaux-Arts de Tours viennent de s'enrichir d'une nouvelle œuvre grâce aux Amis de la Bibliothèque et du Musée. L'association a en effet pu acheter en vente publique (Hôtel des ventes Giraudeau, Tours, le 15 septembre 2018) une huile sur toile d’Eugène Thirion (1839-1910) intitulée La Céramique, directement liée au patrimoine architectural de notre ville puisqu’il s’agit d’une petite esquisse (H. 31,1 cm L. 26,2 cm) pour le décor de la salle des mariages de l’hôtel de ville de Tours.

Elle s'ajoute à la récente acquisition esquisse de Georges Clairin (1843-1919) réalisée vers 1888-1889 pour le décor de l’escalier d’honneur du Grand Théâtre.



Le peintre parisien Eugène Thirion a reçu la commande du décor de l’abside de la salle des mariages de l’hôtel de ville en 1899 et l’a terminé en 1902, date inscrite avec sa signature au bas des toiles.

La Céramique – panneau de gauche du triptyque avec son pendant, L’Imprimerie (H. 3,20 ; L. 2,86 m chacune)encadrent la composition principale, qui représente l’assemblée des grands hommes de la Touraine.














Àgé de 50 ans en 1899, Thirion était alors un artiste reconnu, auréolé d’un beau parcours académique : entré à l’Ecole des Beaux-Arts en 1857, élève de Gleyre et de Picot, il ne parvint pas à remporter le prix de Rome, mais exposa au Salon dès 1861. Il reçut rapidement des récompenses (Légion d’honneur en 1872, médaille d’Argent aux Expositions universelles de 1878 et 1889) et des commandes, notamment pour des peintures relevant de la décoration monumentale. Il participa ainsi au décor de l’hôtel particulier de la Païva, de l’Eglise de la Trinité (1870-1873), de l’Opéra (1878), de l’hôtel de ville du 12ème arrondissement de Paris (1879-1880), du Salon des Lettres de l’Hôtel de Ville de Paris (1891) …

Lié d’amitié avec l’architecte de l’hôtel de ville de Tours, Victor Laloux (les deux hommes se côtoyaient à Montigny-sur-Loing, où ils avaient tous deux une propriété), le peintre a décoré d’une composition florale la villa de l’architecte, tandis que ce dernier a dessiné le tombeau de la famille Thirion, situé dans le cimetière de Montigny.

Le musée des Beaux-Arts de Tours conserve trois peintures d’Eugène Thirion :



Le Corps de saint Sylvain recueilli et conduit sur le Tibre dans une barque 1864
huile sur toile ; H. 136 ; L. 243 cm
(achat de l’Etat, Salon de 1864 ; envoi au musée de Tours, 1864)






Judith victorieuse,
1873
huile sur toile ; H. 205 ; L. 122 cm
(achat de l’Etat au Salon de 1873 ; envoi au musée de Tours, 1874).



Judith, 1897
huile sur toile ; H. 51 ; L. 27,5 cm
(legs de Mme Victor Laloux, 1948).

Cette dernière œuvre, une esquisse pour une seconde Judith (distincte de celle de 1873 que conserve le musée), présente certaines affinités avec l’étude pour La Céramique, dont elle est d’ailleurs contemporaine. La monumentalité simple de la figure féminine qui domine les deux compositions dut plaire à Victor Laloux, à qui cette petite Judith a appartenu.

La provenance de l’esquisse pour La Céramique n’est en revanche pas connue : la maison de vente l’a trouvée dans une succession parisienne, mais on ne sait rien de son historique antérieur.

Nouvelle salle début XX° siècle

ActualitésLe musée des Beaux-Arts consacre désormais une salle à la 1ère moitié du XXème siècle, permettant aux visiteurs de passer de manière plus logique et plus douce des salles consacrées au XIXème siècle à celles présentant des œuvres d’art moderne et contemporain, au deuxième étage du bâtiment.

Deux toiles de Henri MARTIN, l’un des plus importants représentants du post-impressionnisme, témoignent des recherches de ce peintre sur la décomposition des tons en petites touches de couleur pure, faisant évoluer l’impressionnisme vers ce que l’on a appelé le pointillisme. Maurice DENIS et Edouard VUILLARD ont connu des évolutions différentes après leurs débuts communs au sein du groupe des Nabis. Le premier a théorisé le « néo-traditionnisme », terme de son invention qui désigne un idéal mêlant de respectueuses références à l’art ancien (ici l’Antiquité grecque) et la modernité de certaines audaces formelles : couleurs vives, formes synthétisées et cernées d’un trait sombre… Vuillard, de son côté, ose aller, dans son esquisse pour le décor du théâtre du Palais de Chaillot, jusqu’à la dissolution des motifs dans la couleur. Tous deux se rejoignent néanmoins dans le souci du caractère décoratif de leurs œuvres, vu comme une qualité nécessaire à l’embellissement de la vie et non comme un asservissement de l’art à des nécessités qui lui seraient extérieures.

ActualitésCette préoccupation se retrouve dans le style judicieusement dénommé Art déco, mais avec d’autres principes plastiques : il s’agit cette fois de rationaliser les formes en les faisant tendre vers des lignes et des volumes géométriques, sans jamais renoncer à la figuration. Le sculpteur tourangeau Marcel GAUMONT, qui fut l’un des plus précoces acteurs de ce mouvement, puise son inspiration dans des sujets et une iconographie antiques, qu’il traite avec une grande clarté et une sereine élégance. Américain installé à Saché, Jo Davidson rend hommage à sa défunte épouse en la représentant de manière très stylisée, sur une sorte de stèle en faible relief. Portraitiste renommé, il cherche en revanche à donner du peintre André Derain une image d’un réalisme vigoureux, accentué par les rehauts de peinture posés sur la terre cuite. Enfin, Bernard BOUTET DE MONVEL atteint un si haut niveau de rigueur dans le jeu des lignes dessinant sa vue de New York en contre-plongée que le basculement vers une pure abstraction géométrique devient une possibilité logique, en quelque sorte une simple question de degré dans l’élaboration des formes.

La plupart des sculptures et tableaux sélectionnés n’étaient plus exposés ces dernières années (Maurice Denis, Boutet de Monvel, Henri Martin), et certains n’ont que rarement été présentés au public (reliefs décoratifs de Marcel Gaumont, buste par Davidson).

Actualités

Acquisition

ActualitésLe Musée des Beaux-Arts de Tours vient d’enrichir ses collections grâce à deux belles acquisitions de nature très différente : d’une part, une esquisse de Georges Clairin (1843-1919) pour le décor du Grand Théâtre de Tours, achetée en vente publique par l’association des Amis de la Bibliothèque et du Musée des Beaux-Arts de Tours ; et d’autre part neuf œuvres données directement par l’artiste contemporaine Isabelle Champion Métadier (née en 1947).

Lors d’une vente aux enchères organisée au Château de Vaux-le-Vicomte, les Amis de la Bibliothèque et du Musée des Beaux-Arts de Tours se sont porté acquéreurs, pour le musée des Beaux-Arts de Tours, d’une peinture de Georges Clairin réalisée vers 1888-1889 comme esquisse pour le décor de l’escalier d’honneur du Grand Théâtre. Elle est composée en trois parties représentant, à gauche, une scène de théâtre au Moyen-Âge ; au centre, Le Cardinal du Bellay présentant Rabelais à François Ier ; et à droite, des célébrités tourangelles (Alfred de Vigny, Trousseau, Avisseau). Cette huile sur papier marouflé sur toile mesure 70 cm de haut sur 116 cm de large.

Le Grand Théâtre de Tours, inauguré en 1872, a été ravagé par un incendie en 1883 et reconstruit pour être de nouveau inauguré en 1889. C’est à Georges Clairin que la Ville de Tours confia la totalité du décor peint de ce nouveau bâtiment. Il réalisa les grandes toiles qui ornent, outre le mur du palier de l’escalier d’honneur, le plafond de ce même escalier, Triomphe de la Touraine (œuvre pour laquelle le musée conserve déjà une esquisse d'un style très proche de celle qui vient d'être acquise), le plafond de la grande salle à l’italienne, Allégorie de la Danse, de la Musique et de la Tragédie, et enfin celui du foyer, Allégorie du Commerce, de l’Industrie et des Arts. Ces deux esquisses sont actuellement présentées dans la salle de l'Impressionnisme et de l'art autour de 1900.

Isabelle Champion Métadier, artiste née à Tours en 1947 et vivant aujourd’hui à Paris, a fait preuve à plusieurs reprises de son attachement à sa ville natale et au musée des Beaux-Arts de Tours. Dès 2000, à la suite d’une exposition organisée l’année précédente, elle avait offert au musée deux peintures de grand format : Fragment I, le printemps et Fragment VI, l’été, appartenant à une série de sept œuvres exécutée lors d’un séjour au Cap Brun entre juin et septembre 1990.

Afin de réunir cette série intitulée Fragments, Isabelle Champion Métadier a proposé de donner au musée des Beaux-Arts de Tours les cinq grands formats qui restaient encore en sa possession : Fragment II, l’été (1990), Fragment III, l’automne (1990-1997), Fragment IV, l’hiver (1990-1995), Fragment V, le fou du roi (1990-1995). L’ensemble a été soumis à la Commission scientifique régionale des musées acquisition en septembre 2017, et accepté à l’unanimité.

A l’occasion d’une visite de la conservation du musée à l’atelier de l’artiste, cette dernière a fait part de son désir de compléter ce don par celui d’une série de cinq pastels à l’huile sur papier kraft, études préparatoires pour la série Fragment de 1990. L’entrée de ces œuvres dans les collections du musée des Beaux-Arts de Tours fait de lui désormais le propriétaire du plus important ensemble d’œuvres de l’artiste dans les collections publiques.

Dépôt exceptionnel d'un portrait de Rosalie Duthé par Périn- Salbreux

Actualités MBAToursLe musée vient de recevoir en dépôt pour deux ans, grâce à la générosité d'un collectionneur européen, un grand Portrait de Catherine-Rosalie Gérard Duthé peint par Lié-Louis Périn- Salbreux en 1776 faisant écho au portrait de cette danseuse de la collection du musée des Beaux-Arts de Tours, réalisé par le même artiste en 1775.

Peintre de portraits et miniaturiste, Périn-Salbreux fait son premier apprentissage à Reims, sa ville natale, auprès de Jean-François Clermont. Il fréquente ensuite à Paris l’atelier de Lemmonnier et de Sicardi. Mais c’est probablement Alexander Roslin qui aura le plus d’influence sur le portraitiste. Ils travaillent en collaboration étroite, Roslin le chargeant de copier en miniature plusieurs de ses portraits. Le musée du Louvre conserve un bel ensemble de miniatures sur ivoire réalisé par cet artiste, Portrait du sculpteur Houdon, Portrait de la duchesse de la Rochefoucault… Il expose à trois reprises ses miniatures au Salon, en 1793, 1795 puis 1799, année où il choisit de quitter définitivement Paris pour revenir s’installer à Reims.

Périn-Salbreux réalisa de nombreux portraits de la célèbre danseuse Rosalie Duthé dont plusieurs conservés au musée des Beaux-Arts de Reims. Catherine Rosalie Gérard (Paris, 1752- 1820), courtisane célèbre contemporaine de la Guimard, commence une carrière de danseuse en 1767 dans le corps de ballet de l’Opéra sous le nom de Duthé, mais en tenant des rôles modestes de figuration. Ses contemporains la décrivent sans talent et sans esprit mais lui reconnaisse une beauté tout à fait exceptionnelle. Maîtresse du jeune comte d’Artois, futur Charles X, du duc de Durfort, du marquis de Genlis, du duc de Chartres, du Prince du Danemark, du Prince de Nassau, du Prince de Galles, puis de quelques richissimes Anglais lorsqu’elle émigra à Londres. Il existe un grand nombre de portraits de « La Duthé » par Fragonard, François-Hubert Drouais, Greuze, Prud'hon, l’un des plus célèbres étant sans doute celui peint par Henri Pierre Danloux, (Karlsruhe, Staatliche Kunsthalle). Fine et intelligente, contrairement aux clichés véhiculés notamment par les Goncourt, la jeune femme sut conduire sa vie de courtisane avec beaucoup d'habileté et de discernement ainsi que Danloux en a témoigné.

En 1775, Bachaumont (1690-1771, écrivain, critique d'art) dans ses Mémoires secrets évoque deux fois la Duthé, la qualifiant une première fois de « courtisane connue » puis de « courtisane à la mode ». Lié-Louis Périn-Salbreux, protégé du comte d'Artois, réalisa plusieurs portraits de Rosalie Duthé entre 1775 et 1778, et c’est une nouvelle fois à Bachaumont que l’on doit la description de deux d’entre eux peints la même année que le portrait en ovale conservé à Tours : « 17 septembre 1775. Un peintre nommé Perrin, peu connu, cherche à se signaler par le portrait de la Demoiselle du Thé, la courtisane à la mode. Il en a fait deux, qu’il montre aux amateurs : l’un est très grand, où il la représente en pied, parée de tout le luxe des vêtements et dans le costume à la mode, l’autre plus petit, où il la met nue, avec tous les détails de ce beau corps si connu malheureusement, que le peintre ne fait rien voir de nouveau à personne ».

Ce portrait en pied montre la danseuse dans un intérieur luxueux, le bras gauche posé devant le socle de la statue de L'Amour menaçant (sculpté en 1757 par Falconet pour Madame de Pompadour) et tenant une couronne de roses dans la main droite. Rosalie Duthé porte une robe ample de soie et taffetas argenté qui accroche la lumière. Les traits du visage se retrouvent sur le portrait en médaillon conservé au musée de Tours et réalisé un an auparavant. Ce portrait est vraisemblablement la première étude qui sera ensuite utilisée par l’artiste pour des œuvres de grands formats. Le cadre estampillé E. Levert et S.Vasseur a probablement été conçu spécialement pour ce portrait, la guirlande de fleurs sculptées reprenant la même variété de volubilis accrochés aux cheveux de Mademoiselle Duthé.

Actualités

Acquisition

Vie des collectionsLe Musée des Beaux-Arts de Tours vient d’enrichir ses collections grâce à deux belles acquisitions de nature très différente : d’une part, une esquisse de Georges Clairin (1843-1919) pour le décor du Grand Théâtre de Tours, achetée en vente publique par l’association des Amis de la Bibliothèque et du Musée des Beaux-Arts de Tours ; et d’autre part neuf œuvres données directement par l’artiste contemporaine Isabelle Champion Métadier (née en 1947).

Lors d’une vente aux enchères, organisée au Château de Vaux-le-Vicomte, les Amis de la Bibliothèque et du Musée des Beaux-Arts de Tours se sont porté acquéreur, pour le musée des Beaux-Arts de Tours, d’une peinture de Georges Clairin. Réalisée vers 1888-1889 comme esquisse pour le décor de l’escalier d’honneur du Grand Théâtre de Tours. Elle est composée en trois partie représentant une scène de théâtre au Moyen-Age avec, au centre, le Cardinal du Bellay présentant François Rabelais à François Ier et, à droite, des célébrités tourangelles (Alfred de Vigny, Trousseau, Avisseau). Cette huile sur papier marouflé sur toile mesure 70 cm de haut sur 116 cm de large.

Le Grand Théâtre de Tours, inauguré en 1872, a été ravagé par un incendie en 1883 et reconstruit pour être de nouveau inauguré en 1889. C’est à Georges Clairin que la Ville de Tours avait confié la totalité du décor peint de ce bâtiment reconstruit. Il réalisa les grandes toiles qui ornent, outre le mur du palier de l’escalier d’honneur, le plafond de ce même escalier, Triomphe de la Touraine (œuvre pour laquelle le musée conserve déjà une esquisse d'un style très proche de celle qui vient d'être acquise), le plafond de la grande salle à l’italienne Allégorie de la Danse, de la Musique et de la Tragédie, et enfin celui du foyer Allégorie du Commerce, de l’Industrie et des Arts.
Par rapport au décor tel qu'il a été réalisé, cette esquisse témoigne de l'évolution de la composition : les grandes lignes sont restées identiques, mais quelques détails ont changé. Clairin a notamment ajouté, dans la version finale, le personnage de Balzac, qui domine le panneau de droite, représentant les gloires de la Touraine. Dans l’esquisse, la scène centrale se déroule sur un décor de jardin, dans l’œuvre définitive la rencontre entre François Ier et Rabelais est transposée devant le château d’Azay-le-Rideau, autre symbole de la Touraine.

Georges Clairin (1843-1919) a fait une très belle carrière comme portraitiste mondain dans le dernier tiers du XIXe siècle et au début du XXe. On le connaît aujourd’hui principalement pour les célèbres et nombreux portraits qu’il fit de la tragédienne Sarah Bernhardt, dont il était un ami très proche. Le musée des Beaux-Arts conserve d’ailleurs un beau tableau intitulé Sarah Bernhardt dans son jardin de Belle-Île, emblématique de la relation amicale que le peintre avait nouée avec son modèle. Il conçut et réalisa le décor de la salle à manger de la luxueuse maison que Sarah Bernhardt avait fait construire à Belle-Île, et c’est dans cette île que Clairin mourut en 1919.

Isabelle Champion Métadier, artiste née à Tours en 1947 et vivant aujourd’hui à Paris, a fait preuve à plusieurs reprises de son attachement à sa ville natale et au musée des Beaux-Arts de Tours.

Dès 2000, à la suite d’une exposition au musée organisée l’année précédente, elle avait offert au musée deux peintures de grand format : Fragment I, le printemps et Fragment VI, l’été, appartenant à une série de sept oeuvres exécutée lors d’un séjour au Cap Brun entre juin et septembre 1990.

Afin de réunir cette série intitulée Fragments, Isabelle Champion Métadier a proposé de donner au musée des Beaux-Arts de Tours les cinq grands formats qui restaient en sa possession : Fragment II, l’été (1990), Fragment III, l’automne (1990-1997), Fragment IV, l’hiver (1990-1995), Fragment V, le fou du roi (1990-1995). L’ensemble a été soumis à la Commission scientifique régionale des musée acquisition en septembre 2017, et accepté à l’unanimité

Après une recherche menée au pastel gras, sur des feuilles de papier kraft, l’artiste a utilisé un mélange de résine acrylique et de pigments naturels qu’elle broyait elle-même, conformément à sa pratique de l’époque, à la recherche de nuances précises : rouge vif, orangé, jaune citron, rose saumon, vert pâle, bleu clair, différents gris… Ces couleurs garnissent les fonds des tableaux, sur lesquels viennent se placer des motifs puisés dans l’environnement quotidien de la villa du Cap Brun : pins parasols aux formes variées, ifs, fruits ainsi que des formes abstraites, aplats géométriques ou lignes blanches tracées à la craie, comme des éclairs zébrant la matière picturale. Les pigments ont été appliqués en couches successives, dont les couleurs variées se devinent au bord des motifs. Ce procédé confère à la peinture une épaisseur et une matérialité que l’on ne perçoit pas au premier abord, mais qui s’impose quand on y regarde de plus près : l’œil capte alors des nuances inattendues, qui font vibrer la toile.

Peu après la fin du séjour au Cap Brun, de retour dans son atelier parisien, Champion Métadier a envisagé de désigner six des sept toiles par le titre générique de Saisons. Même si l’ensemble n’avait pas été conçu initialement comme un cycle, les œuvres se prêtaient bien à une référence à ce thème traditionnel, fréquemment utilisé pour la décoration de la salle à manger des grandes demeures. Il n’est donc pas étonnant qu’une artiste aussi attachée à l’histoire de la peinture et aux grands maîtres du passé ait vu cette idée comme une évidence, après une phase de « décantation », selon ses propres termes. Le sous-titre de chacune des toiles témoigne de cette interprétation – « le printemps », « l’été », « l’automne » et « l’hiver » – mais tout cela est traité avec beaucoup de liberté, de manière allusive plutôt que systématique. Inutile de chercher dans les fruits et les arbres représentés un lien précis avec telle ou telle saison ; il s’agit plutôt de motifs représentatifs du lien avec la nature, d’une part, et d’autre part d’un jeu avec l’histoire de l’art.

Les fruits et les arbres sont en effet les éléments de base, respectivement, de la nature morte et du paysage. Ces deux catégories traditionnelles, considérées longtemps comme des genres mineurs, ont gagné leurs lettres de noblesse dans la seconde moitié du XIXe siècle pour l’un (avec les peintres de Barbizon et les impressionnistes) et au début du XXe siècle pour l’autre (avec Cézanne et le cubisme, notamment). Champion Métadier joue avec ces fruits et ces arbres, elle en use comme de signes renvoyant, de manière consciente et revendiquée, aux prémices d’une certaine modernité picturale.

A l’issue de l’exposition, les œuvres sont restées quelques années au musée de Toulon avant de revenir à l’atelier. Certaines d’entre elles ont été modifiées par Champion Métadier en 1995 et en 1997.

Enfin, cet automne à l’occasion d’une visite de la conservation du musée à l’atelier d’Isabelle Champion Métadier, l’artiste a fait part de son désir de compléter ce don avec une série de cinq pastels à l’huile sur papier kraft, études préparatoires pour la série Fragment de 1990. Avec ce troisième don le musée des Beaux-Arts de Tours conserve désormais le plus important ensemble d’œuvres de l’artiste dans une collection publique.

Restauration

Vie des collectionsLe grand pastel de Charles Dufresnes (1876-1938) Scène de rue, 1903, dépôt du Musée national d’art moderne - Centre Georges Pompidou, a fait l’objet d’une délicate restauration en raison d’une attaque de moisissures. Cette
scène nocturne parisienne, des premières années de production de l’artiste avant son voyage en Italie et son séjour à la Villa Abd-el-Tif à Alger, sera présentée dans les salles du deuxième étage.

Vie des collectionsCrosse pastorale du XIIIe s.

Une crosse d’une exceptionnelle qualité a été récemment offerte au musée par un particulier. Découverte à proximité de l’Abbaye de Cormery, elle est à rattacher à la production limousine d’émaux champlevés et présente un magnifique décor de lions et de reptiles en cuivre doré et émaillé. Elle est constituée de trois parties : la douille cylindrique, ornée d’un motif floral et végétal émaillé, est flanquée de trois reptiles en cuivre doré dont la queue se termine en volute. En forme de boule aplatie, le nœud se divise en deux hémisphères sur lesquelles se détache une frise de lions ajourée et en haut-relief. Le crosseron présente un motif d’écailles émaillées et se termine par un serpent mordant la queue d’un lion qui tourne la tête vers celle du serpent en signe d’affrontement.

En 2016, la crosse pastorale a été confiée à Annie Volka, Restauratrice du patrimoine. Cet objet d’art, enfoui durant plusieurs siècles, présente de nombreuses altérations : concrétions et corrosions, cassures et déformations, altérations de la dorure et des émaux. La restauration a consisté à nettoyer et stabiliser les surfaces, à refixer certains éléments et à combler quelques lacunes. Ce travail a permis de rendre à cette remarquable crosse son éclat et sa préciosité.

Vie des collections

Profitant du déménagement des collections du XVIIIe siècle pour l’exposition Joseph-Benoît Suvée, trois consoles en bois doré ont été restaurées, notamment la console à décor de feuilles d’acanthe et de guirlandes de laurier, estampillée Edme Chollot reçu maître menuisier en 1723 et la console Louis XVI saisie au château de Chanteloup en 1794. Celles-ci ont retrouvé leur emplacement Salon Louis XV et Salon Louis XVI.

Primitifs italiens et l'Art en Touraine du Moyen-Âge à la Renaissance

ActualitésAprès plusieurs mois passés en réserve ou dans diverses salles du musée en raison des expositions temporaires présentées au rez-de-chaussée, les Primitifs italiens sont de retour dans les salles qui leur sont habituellement réservées. Ces espaces, entièrement repensés, forment un écrin remis à neuf pour l'une des plus belles collections françaises de Primitifs italiens.

Un nouvel accrochage est également proposé pour les salles consacrées à l'art en Touraine au Moyen-Âge et à la Renaissance. On sait que la présence du roi et de la cour dans notre région a entraîné à cette époque une véritable floraison artistique. Il n’en reste malheureusement que peu de témoignages en raison des destructions causées par les guerres de Religion, puis la Révolution française et la Seconde Guerre mondiale. Le musée des Beaux-Arts de Tours a néanmoins eu la chance de pouvoir enrichir ses collections au cours de la dernière décennie par l’acquisition de quatre œuvres exceptionnelles autour desquelles s’organisent les salles :

- en 2006, une Vierge de Pitié en tuffeau (fin du XVe siècle) provenant de Villeloin (Indre-et-Loire), classée Monument Historique et acquise avec l’aide du FRAM Centre ;

- en 2007, deux panneaux peints par Jean Bourdichon et son atelier, Christ bénissant et Vierge en oraison, classés Trésors Nationaux, entrés dans ses collections grâce au mécénat de PGA Motors ;

- en 2011, une Vierge à l’Enfant en albâtre, sculptée en Touraine vers 1520, achetée avec l’aide du FRAM Centre et de la Fondation Pays de France du Crédit Agricole.

Autour de ces chefs-d’œuvre se déploie un ensemble de sculptures appartenant aux collections du musée ou mises en dépôt par la Société archéologique de Touraine, ainsi que deux vitraux et un panneau peint.

ActualitésEnfin, une petite salle propose un saut dans le passé pour évoquer ce que fut le somptueux décor de la collégiale Saint-Martin aux XIe-XIIe siècles, autour d’une fresque représentant saint Florent, provenant de la Tour Charlemagne. Dans cet espace est exposée l’une des acquisitions les plus récentes du musée : une crosse pastorale en cuivre doré et émaillé, datant du XIIIe siècle, trouvée près de l’abbaye de Cormery, qui dépendait de l’abbaye Saint-Martin de Tours. Cette œuvre a fait l’objet d’une restauration qui lui a rendu tout son éclat.

Etude scientifique

Vie des collectionsPrêté à l’exposition de Luxembourg et d’Aix-la-Chapelle, la Vierge de douleur va prochainement faire l’objet d’une étude au Centre national de recherches des Primitifs flamands de l’Institut Royal du Patrimoine artistique à Bruxelles (IRPA). La réflectographie infrarouge permettra de révéler le dessin sous-jacent et d’affiner l’attribution de cette peinture aujourd’hui classée comme une œuvre de l’atelier d’Albercht Bouts (vers 1410-1549).

Vie des collections[Le Musée en mouvement]
Dans le cadre du Chantier des collections, le musée déménage une partie de ses collections vers de nouvelles réserves externalisées.Parmi celles-ci deux grandes maquettes en plâtre.

Georges Delperrier (1865-1936)
Maquette pour un fronton du Château d'Artigny
1m52 x 5m45

Etienne-Henri Dumaige (1830-1888)
Maquette en plâtre pour la statue de Rabelais
Hauteur 2m10

Voir la vidéo

Chantier des collections

Les réserves actuelles du musée des Beaux-Arts sont à la fois insuffisantes et dispersées sur les cinq niveaux du bâtiment. Elles sont composées d'une succession de petits volumes qui ne permettent pas de conserver les oeuvres dans des conditions satisfaisantes de climat, manipulation et consultation.

La ville de Tours, avec le soutien de la communauté d'agglomération Tour(s) Plus, du conseil régional du Centre et du ministère de la Culture et de la Communication, a donc décidé de réhabiliter l'ancien site du Crédit Lyonnais à Saint-Avertin afin de créer des réserves externalisées et mutualisées, adaptées pour le musée des Beaux-Arts, le musée du compagnonnage et le muséum d'histoire naturelle.
Désormais achevées, ces nouvelles réserves de 1685 m² vont permettre d’assurer la conservation et la sécurité des collections dans de bonnes conditions et offrir les espaces de services indispensables pour le travail sur les oeuvres, leur étude et leur consultation. Cet équipement performant répond à toutes les normes de conservation en matière de climat, de rangement, de sûreté.
Avant le déménagement dans ces nouvelles réserves, le musée effectue depuis cinq ans une opération d’envergure sur les oeuvres, le chantier des collections, programme muséologique qui regroupe un ensemble d’actions de conservation préventive permettant l’étude systématique des collections et leur mise à niveau sanitaire.

  • Récolement : c'est l'opération qui consiste à vérifier sur pièce et sur place, à partir d'un objet ou de son numéro d'inventaire la présence du bien dans les collections, sa localisation, son état, son marquage, la conformité de l'inscription à l'inventaire, ainsi que le cas échéant, avec les différentes sources documentaires, archives, dossiers d'oeuvres, catalogues. Le récolement est une obligation légale en cours dans tous les musées de France.
  • Evaluation de l'état des collections
  • Traitement d'urgence
  • Dépoussiérage des oeuvres
  • Conditionnement des oeuvres
  • Transfert et stockage
  • Mise en fonction des nouvelles réserves.

Le traitement, le déménagement et le rangement de ces objets permettent d'acquérir une connaissance plus complète des collections et de leur apporter un soin global.

Durant ces années nous avons récolé les collections, évalué leur état, mis en oeuvre un certain nombre de traitements d’urgence allant de la consolidation aux traitements fongiques, nous avons soigneusement dépoussiéré tous les objets et les avons conditionnés pour leur déménagement.
La dernière opération du chantier sera de traiter les collections des musées contre les insectes xylophages avant leur entrée dans les réserves. La bulle d’anoxie, destinée au traitement par privation d’oxygène, attend déjà les oeuvres sur place. Plus de 15 000 oeuvres vont ainsi être déménagées pour prendre place dans des enceintes patrimoniales différenciées en fonction de la nature des matériaux et dont le climat sera régulé et maîtrisé.
Un soin particulier a été apporté au choix des équipements spécifiques : grilles à tableaux, meubles à plans, compactus… permettant un rangement optimisé et sécurisé.

Acquisitions

  • Peintures et sérigraphies de Pierre Buraglio

Plusieurs oeuvres de Pierre Buraglio ont enrichi les collections du musée en 2015 grâce notamment à la générosité de l’association des Amis de la Bibliothèque et du Musée des Beaux-Arts de Tours qui a permis l’acquisition du tableau Rue Clément Marot, mais aussi à celle de l’artiste lui-même qui a souhaité offrir au musée une peinture faisant appel au même procédé de réutilisation d’éléments plastiques, For over stand, et deux sérigraphies représentant la Déposition du Christ inspirées du Retable d’Issenheim, polyptyque peint vers 1515 par Matthias Grünewald et conservé aujourd’hui au musée Unterlinden de Colmar.

  • Vitrail de Victor Saché

ActualitésCe vitrail en forme de médaillon de Victor Saché (1876-1945), réalisé d’après la Vierge à la chaise de Raphaël, a été offert au musée par les descendants du maître-verrier. Victor Saché fut élève de l’Ecole des Beaux-Arts de Tours avant de travailler dans le célèbre atelier de peinture sur verre animé de 1848 à 1892 par les peintres et verriers Lobin, établi rue des Ursulines. Le musée des Beaux-Arts possède déjà dans ses collections plusieurs huiles sur toile et dessins de Julien-Léopold Lobin (1814-1864), ainsi que des vitraux réalisés par son fils Lucien-Léopold Lobin (1837-1892), mis en place au premier étage de la tour gallo-romaine, dans l’ancien oratoire des archevêques. Ce vitrail d’une grande finesse d’exécution et représentatif de la production de l’atelier tourangeau vient ainsi compléter judicieusement ce fonds.

Histoire d'une restauration

Une gouache sur vélin d'Adèle Riché (1791-1878) : Bouquet de fleurs.

Annie Gilet, conservateur en chef, Pauline Munoz et Pauline Helou-de La Grandière, restauratrices du Patrimoine.

Ce grand vélin utilisé comme support d'un dessin à la gouache présentait de multiples déformations et altérations qui n'autorisaient pas sa présentation au public. Les restaurations audacieuses menées sur le parchemin et pour les retouches permettent désormais d'apprécier le travail délicat et la gamme chromatique très subtile d'Adèle Riché, fidèle à la tradition hollandisante et à son maître Gérard van Spaendonck.