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Fermeture jusqu'au 15 décembre

Conformément aux directives gouvernementales de lutte contre la propagation du virus Covid-19, le Musée des Beaux-Arts est fermé au public du vendredi 30 octobre au mardi 15 décembre inclus.
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14-16e siècle

Le Calvaire (1368)

VENEZIANO Lorenzo

Documenté à Venise et à Vérone de 1356 à 1372

Le Calvaire (1368)

Tempera sur bois, peuplier

H. 46,8 cm L. 35,3 cm

Legs Octave Linet, 1963

Inv. 1963-2-13

Notice complète

Le panneau proviendrait du registre supérieur du polyptyque réalisé pour le maître-autel de l'église da San Giacomo Maggiore de Bologne (1368), compte tenu de ses dimensions, de ses caractéristiques esthétiques, ainsi que de sa présence dans la collection Linet, comme le Couronnement de la Vierge et les Anges Musiciens.

D'un point de vue stylistique, en effet, le tableau doit être situé dans la phase de maturité du peintre, période où les figures prennent des proportions plus massives, et où les contrastes de clair-obscur s'atténuent, au profit d'une facture plus délicate et plus nuancée. La typologie du Christ en croix, aux contours frêles et anguleux, plaide aussi en la faveur d'une datation correspondant à celle du polyptyque de Bologne, en accord avec la détente rythmique et formelle générale que l'on observe dans cette phase particulière de la carrière de Lorenzo.

Le tableau a fait l'objet d'une restauration en 1996 au cours de laquelle il a été débarrassé d'un vernis assombri et des repeints qui avaient altéré son aspect d'origine.

La surface, une fois libérée d'un vernis altéré et des repeints, a révélé une forte abrasion, plus importante sur le corps du Christ et les visages, ainsi que des valeurs chromatiques et picturales d'une grande vivacité. Le manteau de la Vierge et la tunique de saint Jean sont peints sur une préparation d'indigo rehaussée de blanc, à l'effet désormais très atténué, car elle devrait mieux se fondre ainsi à la couche de lapis-lazuli passée à la surface. Les deux anges en vol, dont les contours sont soulignés de rouge vif, sont mieux conservés ; le sont également le mur vert qui compose le fond de la scène, rythmé par de petits arcs aux piédroits rouges et moulurés de rose, et le mont Golgotha caractérisé par des crêtes rocheuses saillantes, déjà chères à Paolo Veneziano, qui se découpent dans la lumière grâce à une cerne noire, comme c'était l'usage à Venise. Le noir pur est également employé dans les ouvertures des fenêtres jumelées des édifices qui bloquent, de part et d'autre, le fond de la composition. D'après les restaurateurs, la couleur utilisée au premier plan, dans le but d'adoucir les aspérités rocheuses du Golgotha, ne serait pas un repeint, mais il convient de noter qu'elle n'est guère employée dans les autres peintures vénitiennes de cette époque.