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Dessins

Le jugement de Salomon

Anonyme, Italie, Florence XVIIe s.

XVIIe s.

Le jugement de Salomon

Plume et encre brune

H. 19 cm L. 27,5 cm

Legs Albert Pomme de Mirimonde

Inv. D. 1986-1-15

Notice complète

La lettre, rédigée au dos de ce dessin, signée par le peintre florentin Baldassare Franceschini est datée du 1er juillet 1662 à Florence. Elle confère à cette feuille une valeur exceptionnelle. L'écriture et la signature de l'artiste sont connues grâce à quelques dessins annotés de sa mains (Florence, musée des Offices).

Le dessin du recto n'est pourtant pas dû à ce grand dessinateur, dont le mode d'expression très personnel est bien identifié. Cette étude à la plume reflète indéniablement aussi bien une composition que des automatismes graphiques propres aux artistes florentins de la seconde moitié du XVIIe siècle. Les profils des femmes aux petites têtes, la gestuelle qui les caractérise (manière de se pencher, de tendre les bras), la gracilité des membres, mais en même temps la capacité de mettre en place une composition dans un vaste espace architectural, incitent à placer ce dessin dans un contexte florentin.

Le soin apporté à l'écriture et au style respectueux de la missive laisse penser que la lettre a été écrite avant que le dessin ne figure sur la feuille, le dessin est donc selon toute vraisemblance postérieur au 1er juillet 1662 et sans doute date-t'il plus ou moins de ce moment.

Le rapprochement avec le style de Agostino Melissi (1616? - 1683) dans ses dessins de composition de l'histoire médicéenne montrant une disposition des figures comparables, ou celui de Vicenzo Dandini (1609 - 1675), qui fut un disciple de Pierre de Cortone, permet de le rattacher encore plus sûrement au style florentin.

La composition renvoie aux fresques de la villa Petraia (Florence), le cycle décoratif le plus célèbre de Baldassare Franceschini (de 1636 à 1648). Le dessin de Tours rappelle les études comme celle pour Cosimo Ier associé son fils Francesco au gouvernement de l'état (Florence, musée Horne) y compris dans les reprises des silhouettes en marges de la composition, sans parvenir néanmoins à la concision et à l'efficacité vibrante de ce grand maître du dessin baroque.