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19e siècle

Le jeu de la main chaude (1812)

LESCOT Antoinette Cécile Hortense

Paris, 1784 – Paris, 1845

Le jeu de la main chaude (1812)

Huile sur toile

H. 75 cm L. 100 cm

Dépôt de l'Etat à la Préfecture d'Indre-et-Loire, 1893. Echange de dépôt avec la Préfecture d'Indre-et-Loire, 1942.

Inv. D 1942-1-2

Notice complète

Tableau présenté du 10 décembre 2016 au 17 avril 2017 au musée des Augustins à Toulouse, dans le cadre de l'exposition Fenêtres sur cours. Peintures du 16e au 20e siècle.

Hortense Lescot figure parmi les plus célèbres femmes peintres de son époque. A sept ans, elle devient l'élève de Guillon-Lethière, qu'elle suit à Rome lorsqu'il devient directeur de l'Académie de France en 1811. Ce séjour est déterminant pour sa carrière, l'Italie constituant sa principale source d'inspiration; elle est alors une des rares femmes peintres à traiter des scènes de genre inspirées de la vie italienne.

En 1812, Hortense Lescot est encore à Rome lorsqu'elle envoie à Paris cinq tableaux, dont Le Jeu de la main chaude, pour figurer au Salon qui se tient au musée royal. Le sujet traité, de même que celui des œuvres qui l'accompagnent (Le baisement des pieds, dans la basilique Saint-Pierre de Rome ; Un mendiant à la porte d'un couvent où l'on fait aux pauvres la distributions des vivres), est significatif de l'intérêt que porte l'artiste à la description anecdotique de la vie quotidienne dont elle est le témoin en Italie. Ces représentations, souvent teintées de sentimentalité, sont caractéristiques du courant esthétique qui se manifeste en marge du néoclassicisme, et préfigurent l'intérêt que portera le romantisme au traitement de l'émotion.

Dans une scène qui évoque Greuze, l'artiste réunit les composantes de la réussite. Le thème de ce divertissement qui consiste, pour le joueur dont la tête est caché dans les genoux de son partenaire, à deviner qui a frappé la main qu'il tient ouverte dans son dos, sera repris par plusieurs artistes. En 1824 notamment, Boily traite le sujet en faisant de nombreux emprunts à la composition d'Hortense Lescot, qui reçoit un accueil mitigé de la critique.

L'épisode se déroule sous la galerie, largement ouverte, d'une maison agrémentée d'un jardin orné de statues. Les sculptures disposées sur un entablement, les arbres du parc, notamment le pin parasol visible à droite, créent un climat immédiatement dépaysant, souligné par l'accumulation de détails pittoresques.

Les particularités architecturales de la salle où l'artiste situe l'action, la description des costumes et des coiffures, les visages peu individualisés qui confinent à l'archétype contribuent à transporter le spectateur dans une Italie idéale, marquée par la noble élégance de ses habitants et de leurs coutumes.

Le coloris clair et contrasté utilisé par Hortense Lescot, la présence de tons vifs (le rouge des costumes, le bleu du ciel) ainsi que l'exécution soignée répondent à l'attente des amateurs pour un type de représentation que développeront avec un égal succès, quelques années plus tard, des artistes comme Léopold Robert, Schnetz, Bodinier.


© MBA Tours, cliché Gérard Dufresne