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19e siècle

Folie de la fiancée de Lammermoor

SIGNOL Émile

Paris, 1804 – Montmorency, 1892

Folie de la fiancée de Lammermoor

1850, huile sur toile

H. 116 cm L. 111 cm

Don Nanine Robert-Signol en 1912

Inv. 912-3-2

Notice complète

Signol est admis à l’École des beaux-arts en 1820, sur présentation de Blondel, son premier maître, et y devient l’élève de Gros. Formé à la peinture d’histoire, il obtient le second grand prix de Rome en 1829 avec Jacob refusant de livrer Benjamin (non localisé) et le premier grand prix de Rome en 1830.

Persévérant dans une voie où il trouve son plein épanouissement intellectuel et artistique, il participe au renouveau de la peinture religieuse par un certain nombre de tableaux affectés à des églises (1859, Béry-sur-Mer ; 1867, Paris, Saint-Augustin) et surtout par des peintures murales destinées à des édifices parisiens. Parallèlement, il répond à de nombreuses commandes de portraits et de sujets historiques pour Versailles.

La Folie de la Fiancée de Lammermoor témoigne de la volonté de Signol d’aborder un thème nouveau pour son répertoire, jusqu’alors principalement tourné vers la peinture religieuse. Il se tourne ici vers le roman historique puisque c’est à Walter Scott, auteur le plus prestigieux de la période romantique, qu’il emprunte le sujet.

Le roman La fiancée de Lammermoor suscite de 1827 à 1861 une vingtaine d’œuvres tirées de différents chapitres par Scheffer, Fragonard, Cibot, Renouard, Bazin, Delacroix, auxquelles Signol ajoute cette scène, où l’héroïne Lucy contrainte au mariage et devenue folle de désespoir, poignarde son époux le soir de leurs noces.

Le meurtre de Hayston de Bucklaw, constitue le sommet tragique de l’épisode évoqué par le peintre et dont le livret du Salon donne l’argument : « […] une personne de la compagnie, tenant son flambeau plus bas que les autres aperçut quelque chose de blanc dans le coin de la grande et antique cheminée de l’appartement. Là on trouva la malheureuse fille, assise ou plutôt blottie, comme un lièvre dans son gîte, sa tête échevelée, ses vêtements déchirés et souillés de sang, ses yeux ternis et ses traits décomposés par les convulsions d’un violent paroxysme de démence. (Walter Scott). »

Le fond sombre et le cadrage étroit dans la figure d’une Lucy hagarde se détachant de l’obscurité de la cheminée dont les jambages moulurés forment une bordure qui délimite l’espace résultent de la réduction du tableau attesté par les dimensions indiquées dans les archives du Louvre et par la critique, élogieuse, de Vignon : « La Folie de la fiancée de Lammermoor est le principal tableau de M. Signol […]. Le personnage de Lucie est sympathiquement rendu et sa folie est vraie ; la physionomie de la mère n’est pas assez expressive ; ce n’est pas là l’altière lady Ashton ; le vieillard est bien posé, et, en somme, la Folie de la fiancée de Lammermoor est une de nos créations remarquables du Salon de cette année. »