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19e siècle

Avant le bal

DEBAT-PONSAN Edouard

Toulouse, 1847 – Paris, 1913

Avant le bal

Huile sur toile

H. 87 cm ; l. 65,5 cm

Don de Mme André Morizet (Simone Debat-Ponsan), fille de l'artiste, 1981

Inv. 1981-1-6

Notice complète

Actuellement prêtée au musée Fournaise à Chatou pour l'exposition Femmes, les silences de la peinture du 30 avril au 30 octobre 2016

Artiste officiel et académique, Edouard Debat-Ponsan fut longtemps apprécié du Tout-Paris pour ses talents de portraitiste. Bénéficiant de nombreuses amitiés politiques, il reçoit des commandes pour des portraits officiels mais également des décorations pour des édifices publiques (théâtre de Nîmes, Capitole de Toulouse...). Couvert d'honneur, il se consacre alors à une peinture plus aimable. Abandonnant les sujets académiques, il aborde le genre du portrait, mondain ou familial, brosse des scènes de la vie rurale pittoresques et anecdotiques, des paysages de son Languedoc natal et de Touraine où il s'installe après sa prise de position en faveur du capitaine Dreyfus, se coupant ainsi d'une partie de son public.

En 1871, l'artiste épouse la sœur du peintre Jules Garnier, Marguerite, dont il aura trois enfants : Jeanne, née en 1879 (médecin, elle épousera le professeur Robert Debré), Jacques-Harald, né à Copenhague en 1883 (élève de Laloux, prix de Rome d'architecture en 1917) et Simone, née en 1886.

C'est vraisemblablement un moment de la vie familiale que Debat-Ponsan rapporte ici, mettant en scène des personnages qui, bien que peu individualisés, peuvent être identifiés comme l'auteur lui-même et son épouse, allaitant un de leurs derniers-nés. Bien que non datée, l'oeuvre est comparable, par l'exécution, au portrait de Mme Debat-Ponsan en robe de bal (1885, Paris, Musée d'Orsay), dans lequel figure un panneau de soierie de style extrême-oriental identique à celui visible dans le décor de la pièce où se déroule l'anecdocte du tableau de Tours.

Cette scène, à l'atmosphère paisible et confortable, dont la maternité avec ses exigences et ses joies est le véritable sujet, évoque irrésistiblement la longue tradition du portrait d'intérieur qui débuta en Hollande au XVIIe siècle. Cependant, plus qu'à la catégorie du portrait, c'est à celle de la scène de genre que se rattache cette œuvre, qui doit son succès à l'intimisme de son atmosphère et à la description d'un confortable intérieur de la fin du siècle.

Grâce au don de la fille de l'artiste, le musée de Tours conserve 18 œuvres de Debat-Ponsan.

© MBA Tours, cliché Gérard Dufresne