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Autour de Suvée. Dessins de Vien, David, Gaudar de Laverdine, Ingres

Le 03/10/2017

Pour accompagner l'exposition consacrée à Joseph-Benoît Suvée, le musée des Beaux-Arts propose aux visiteurs, dans la Galerie temporaire, un choix de dessins des collections XVIIIème et XIXème, signés par des maîtres tels que Vien, David, Ingres...

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En contrepoint de l’exposition consacrée à Joseph-Benoît Suvée (1743-1807), le musée propose aux visiteurs, dans la Petite Galerie temporaire, un choix de dessins opéré dans les collections XVIIIe et XIXe siècle du musée, signés par des artistes étroitement liés à la formation et à la carrière du peintre de Bruges.
Ainsi cette Académie d’homme à demi-allongé, vu de dos, rarement exposée, aux contours ondoyants, encore un peu baroques , attribuée à Joseph-Marie Vien (1716-1809), est un bel exemple des études d’après le modèle vivant, imposées aux élèves de l’Académie royale et aux pensionnaires du Palais Mancini. Vien, nommé en 1775 directeur de l’Académie de France à Rome, perpétue cette tradition, fondement de toute pratique artistique.
Cette feuille a été rapprochée du Patrocle peint en 1780 par Jacques-Louis David. Sont également exposées deux grandes études de ce chef de file incontesté du néoclassicisme, grand rival de Suvée au Prix de l’Académie en 1771. La première est une étude pour La Mort de Socrate peint en 1787, la seconde est l’unique esquisse de grande taille pour l’une des figures du tableau Les Licteurs rapportent à Brutus les corps de ses fils, daté de 1789.
En novembre 1802, Suvée accueille les nouveaux pensionnaires au Palais Mancini puis à la villa Médicis, parmi eux, Alphonse Gaudar de Laverdine, né à Bourges en 1780. Cet élève de Vincent, au parcours académique brillant, a remporté en 1799, à l’âge de 19 ans, le Grand Prix de peinture avec son Manlius Torquatus condamnant son fils à mort, une oeuvre fortement marquée par le style sévère du néoclassicisme français, notamment par le Brutus de David. Sa mort brutale à Sienne en 1804 affectera particulièrement Suvée et les pensionnaires. Gaudar laisse à sa famille un portefeuille important de dessins aujourd’hui dans les collections du musée de Tours. Les quelques dessins sélectionnés révèlent un lauréat destiné à une carrière qui s’annonçait prometteuse, tout particulièrement son travail sur le nu, la figure, les scènes historiques et l’importance de la copie d’après les de Raphaël au Vatican, encouragée par Suvée.

Condisciple de Gaudar de Laverdine après avoir remporté le Grand Prix en 1801, Jean Auguste Dominique Ingres devra attendre 1806 pour devenir pensionnaire à la Villa Médicis au cours de la dernière année du directorat de Suvée. Les deux dessins du musée de Tours Jeune homme triste et Etude pour Antiochus et Stratonice, exécutés à des dates très éloignées, illustrent le génie de ce dessinateur. Oeuvre de jeunesse, la première a été signée tardivement dans les années 1840-1850 probablement avant d’être offerte par l’artiste; quant à l’étude de nu pour Antiochus et Stratonice elle est préparatoire au tableau de 1840.
Après sa réception à l’Académie royale de peinture et de sculpture, en janvier 1780, Suvée va pouvoir enseigner dans cette institution en qualité de Professeur. Parmi ses nombreux élèves, figure en 1782 un des trois fils de Charles Antoine Rougeot, directeur de l’école de dessin de Tours, érigée en École académique en 1781, futur premier conservateur du musée. En l’absence de dessins de cet élève, c’est une gravure en manière de sanguine, qui évoque les relations entre Rougeot et Suvée. Remise en avril 1784 à Louis Verneau, élève à l’école de Tours, pour son prix de figure, elle illustre cet enseignement du dessin dans cette toute nouvelle école de Tours et les récompenses qui y étaient distribuées.