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Exposition virtuelle - Expérience n°13. Echos sensibles

Le 21/06/2019

Exposition diffusée sur internet en partenariat avec l'Association des professionnels des musées en Centre-Val de Loire

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Créé en 2006 par l’Université et le musée des Beaux-Arts de Tours, et mené en partenariat avec le fonds Régional d’Art Contemporain Poitou-Charentes depuis 2011, le programme « Expérience » permet à des étudiants de master 1 et 2 d’Histoire de l’Art de concevoir une exposition.

Échos sensibles aurait dû constituer la 13eédition de ce projet, mais le sort en a décidé autrement : un problème technique a entraîné la fermeture des salles du deuxième étage du musée des Beaux-Arts pendant plusieurs mois, contraignant le musée à annuler la phase finale de ce projet, la plus importante : la concrétisation de l’exposition par la mise en présence des œuvres. A défaut, cette exposition virtuelle permet de donner à voir le travail préparatoire accompli cette année par le groupe chargé du commissariat.

Échos sensibles illustre le décalage qui existe dans la représentation comme dans la perception des émotions, en fonction des contextes et des époques. Les étudiants ont tissé des parallèles entre des oeuvres issues des collections du FRAC Poitou-Charentes et celles du musée des Beaux-Arts de Tours. La sélection, par le biais de rapprochements formels et symboliques, permet d’envisager ces échos selon de multiples critères : composition, sujets et postures. Elle intègre une grande variété de médiums et de supports : photographie, dessin, lithographie, sculpture, céramique, peinture. Plusieurs genres sont représentés : le portrait, le paysage, la scène mythologique et la peinture religieuse.

Les oeuvres du musée des Beaux-Arts dialoguent ainsi avec huit créations d’artistes contemporains : Claire Aumaître, Glen Baxter, Régis Fabre, Marie Fagué, Myriam Mihindou, Pascale Remita, Erwan Venn, et Olivier Zabat.

Enterlude (2010) de Régis Fabre illustre la banalisation d’un enfer moderne. La photographie
d’un panneau touristique de la ville d’Auschwitz contraste ici avec l’image traditionnelle de l’Enfer
chrétien, telle que Peter Huys (v. 1519 - v., 1581/1584) la représente, en s’inspirant des compositions de Jérôme Bosch. Euphémisation et ellipse soulignent la tension qui existe entre la
réalité quotidienne de cette ville et le souvenir que son nom évoque.

Glen Baxter, pour sa part, détourne avec humour le geste traditionnellement utilisé pour signifier la honte et le désespoir, tel qu’on le voit avec la statue de Caïn après la mort d’Abel par Camille Alaphilippe (1874-1934). La même posture provoque ici des émotions radicalement différentes.

Dans un tout autre genre, celui du paysage, La Vague (2012) de Pascale Remita, fragment gigantesque traité de façon photo-réaliste, entre en résonance avec une Marine d’Alfred Roll (1846-1919), de facture impressionniste et au cadrage serré.

Comme souvent dans l’art moderne et contemporain, déplacement et distance sont au coeur de la problématique de l’exposition. Les émotions sont ainsi envisagées sous différentes facettes : représentation, transmission et réception. Si les codes de représentation des émotions peuvent se faire écho, les modalités de leur réception amènent un décalage qui met en valeur cette variété. Chaque visiteur pourra mesurer, à l’aune de sa propre sensibilité, la diversité d’expression des émotions selon les époques et les cultures.

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